Au Sénégal, un musée d’art africain aux collections rares rouvre avec une nouvelle vision

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« La symbolique est là : ce sont des objets revenus en terre africaine. »

Le musée Théodore-Monod de Dakar a rouvert ses portes après avoir mis à profit un an de fermeture imposée par le Covid-19 pour présenter ses riches collections d’art africain sous un nouveau jour, en phase avec l’époque et le lieu.

Le musée a fermé ses portes en mars 2020 en même temps que les autorités instauraient de rigoureuses restrictions contre la maladie. Le mal, relativement contenu au-delà des dégâts économiques qu’il a infligés à un pays pauvre, continue à régresser et l’heure est à la reprise des activités, y compris culturelles.

La réouverture du musée Théodore-Monod, du nom du naturaliste français, c’est « le bateau amiral qui symbolise cette reprise », dit son conservateur El Hadji Malick Ndiaye. Pendant plus d’un an, le musée et ses plus de 9 000 objets ont été frappés « d’invisibilité », dit-il.

Beaucoup de contractuel·le·s n’ont pas pu travailler mais la pandémie a eu du bon, dans la mesure où elle « nous a permis d’avoir un recul pour voir l’état du musée », et constater que sa muséographie et sa communication étaient désuètes, et son jardin, rare espace de verdure dans la capitale, défraîchi, dit le conservateur. « Rouvrir le musée nécessitait d’avoir une nouvelle vision de cette institution », renchérit-il.

Droit au retour

Des travaux ont été menés jusqu’à quelques heures avant la réouverture. Il a fallu composer avec les contraintes d’une vaste bâtisse qui fut autrefois le palais du commandant de la circonscription de Dakar, occulter par exemple des ouvertures à travers lesquelles la lumière écrasait les formes, pour rendre justice à des pièces uniques, comme ce masque d’initiation Bassari en écorce de palmier ou cette statuette de maternité en bois du Cameroun.

La collection « n’a aucune comparaison en Afrique », dit le conservateur. Une partie en remonte au XIXe siècle. Plus tard, la collection s’est enrichie d’objets collectés pour la recherche, surtout en Afrique de l’ouest : figurines, masques, récipients, tissus, armes, utilitaires ou ornementaux, en bois, en terre, en métal, en cuir, provenant du Sahel ou de la forêt tropicale.

Le musée a mis en exergue de cette réouverture le nom d’Amadou-Mahtar Mbow, grande personnalité sénégalaise et auteur en 1978, en tant que directeur général de l’Unesco, d’un appel qui a fait date et demeure d’actualité sur le retour des biens culturels aux peuples auxquels ils ont été enlevés à travers l’histoire.

Le musée présente un certain nombre de pièces récemment revenues du musée du Quai Branly à Paris auquel elles étaient prêtées depuis des années. « Il ne s’agit pas d’une restitution mais d’un retour. Quand même, la symbolique est là : ce sont des objets revenus en terre africaine », dit le conservateur.

À l’entrée a été disposée une installation élaborée à partir de caisses dans lesquelles voyagent les pièces de musée. C’est « le symbole de la traversée » et du retour, dit-il, comme ce mégalithe récemment revenu d’un prêt au Metropolitan Museum of Art de New York. Sur l’installation est accroché l’appel d’Amadou-Mahtar Mbow, cent ans aujourd’hui, qui proclamait en 1978 le « droit » des peuples à recouvrer les biens culturels dont ils ont été spoliés.

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