Les lutteurs sénégalais s’entraînent à huis clos à cause du coronavirus

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Chaque jour à 07H00 du matin, Moussa, qui a choisi comme nom de lutteur « Sérigne Ndiaye 2 », en hommage à son père, et que ses amis surnomment « Coriace », quitte la Médina, quartier populaire du centre de Dakar, pour rejoindre la salle « Body Max », ouverte spécialement pour lui par son entraîneur, Maguette Seydi.

Abdominaux, tractions, altères… Le poids lourd de 24 ans travaille sa condition en petit comité. « Avant, ici, il y a avait d’autres lutteurs et d’autres gens qui s’entraînaient pour la forme. Mais actuellement, il n’y a que moi, mon frère et le coach », dit-il.

Depuis l’instauration de l’état d’urgence mi-mars au Sénégal, où la barre des 300 cas de Covid-19 a été franchie (pour deux décès), « beaucoup de choses ont changé », confirme son entraîneur, obligé de fermer sa salle au grand public.

« On s’entraîne en privé, ce que je n’avais jamais fait », dit-il, en encourageant son poulain. « Avec le coronavirus, je dois protéger Sérigne Ndiaye 2 et moi-même. On a augmenté notre hygiène et on travaille prudemment », ajoute le coach.

Les quelque 4.000 affiliés de la fédération sénégalaise de lutte, l’un des sports les plus populaires du pays, sont « contraints aux mêmes consignes que l’ensemble de la population: distance de sécurité, pas de regroupement, pas de contact », souligne son vice-président, Thierno Kâ.

« S’il font un entraînement individuel, il n’y a pas de consigne particulière. Beaucoup font du travail foncier, du footing… C’est leur responsabilité », ajoute-t-il.

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« Il y a certains lutteurs qui ne s’entraînent pas actuellement. Mais comme moi j’ai un combat prévu, je ne peux pas rester sans m’entraîner. D’ici un mois, le coronavirus peut partir et s’il part et que je dois lutter, je dois être prêt », explique Moussa Diop, qui en sortant de la salle de sport enchaîne avec une séance de cardio sur un terrain vague, avant de répéter ses gammes de frappes sur le toit de la maison familiale.

Les lutteurs traditionnels sénégalais s’affrontent mains et torse nus, en pagne, dans des stades pleins et leurs combats sont retransmis en direct.

Pour ces stars adulées du public, le respect de la distanciation sociale relève parfois du défi. « Nous les hommes célèbres, beaucoup de gens veulent nous saluer et tout le monde veut s’accrocher à nous. C’est normal qu’on se méfie, qu’on ait peur. Car ce Malin-là, tu ne le vois pas », souligne le costaud de la Médina. « Je prie le bon Dieu pour que d’ici quelques jours, le coronavirus parte », affirme-t-il encore.

Sa mère ne s’oppose pas à ce qu’il poursuive sa préparation. « Il n’a qu’à prendre ses précautions, aller aux entraînements, revenir, et ne pas se mélanger avec d’autres personnes », assure Mbéry Diop.

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