Coupe du monde : à Dakar, les supporteurs ont célébré la « journée de la victoire » du Sénégal face à l’Egypte

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Les Lions de la Teranga ont gagné face aux Pharaons dans le tout nouveau stade Abdoulaye Wade, se qualifiant ainsi pour le Mondial au Qatar.

Le ciel, d’un bleu pastel, est dégagé. Les cris des quelque 50 000 personnes semblent avoir dispersé les derniers nuages au-dessus de l’arène. Cet après-midi-là, le public est d’humeur électrique : survolté, fougueux comme ce vent qui souffle sans s’épuiser depuis plusieurs jours sur Dakar.

Insolent aussi quand certains balancent, depuis les tribunes, des bouteilles d’eau sur des adversaires ou pointent des lasers dans leurs yeux. Mardi 29 mars, à 17 heures, les supporteurs des Lions de la Teranga ont fait comprendre aux Egyptiens qu’ils n’avaient pas de royaume à conquérir dans ce coin d’Afrique.

Pour ce match retour des barrages qualificatifs pour la Coupe du monde au Qatar (du 21 novembre au 18 décembre), la pelouse du stade Abdoulaye Wade, situé à Diamniadio, non loin de la capitale, a été un terrain hostile. « On veut gagner », ont répété en boucle les fans comme s’ils s’étaient passé le mot. Personne n’a osé croire à une nouvelle défaite face aux Pharaons – qui ont remporté la première manche 1-0 au Caire, le 25 mars – et donc dire adieu au Mondial.

La pression a été étouffante pour les coéquipiers de Sadio Mané, mais à la hauteur du statut de leur équipe nationale, celui de la meilleure nation africaine au classement FIFA depuis quatre ans. Ainsi, le jour de la rencontre, la presse sénégalaise a rappelé l’enjeu sacré de cette qualification en multipliant les jeux de mots en « une » de leurs journaux : « On Doha gagner » (Le Quotidien) ; « Qatar ou Dakar » (Bés Bi) ; « Déversez un déluge de feu sur les Pharaons » (Les Stades)…

Sadio Mané, « le sorcier du ballon »

Cette pression, les garçons d’Aliou Cissé, le sélectionneur, ont désormais l’habitude de bien la digérer : ils ont « gagné » cet ultime duel, intense et âpre, au bout du suspens (1-0 après le temps réglementaire) et des tirs au but (3-1).

Dans le football africain, Dieu décide et Sadio Mané exécute. L’attaquant béni du Sénégal a envoyé ses Lions et tout un peuple au Mondial qatari en marquant le dernier penalty décisif. Comme lors de la finale de Coupe d’Afrique des nations, le 6 février, à Yaoundé, face à… l’Egypte. Quand l’arbitre algérien a sifflé la fin du match, les gradins ont explosé, soulagés de cet épilogue.

Le bonheur, contagieux, s’est répandu dans tout le stade aussi vite qu’une frappe de « Ballonbuwa », « le sorcier du ballon », le surnom de Sadio Mané. Quelque 50 000 personnes, possédées par une intense joie, ont chanté jusqu’à en perdre l’esprit, dansé jusqu’à en perdre la raison. « On est ensemble », a-t-on pu entendre. Ce soir-là, aucun appareil n’aurait pu mesurer les décibels de ces supporteurs tant la puissance de leurs cris a fait vibrer le béton de l’édifice.

« Cela fait vingt ans que je suis l’équipe nationale. Sincèrement, je n’ai jamais vu une telle ferveur. Cette communion entre l’équipe nationale et le peuple est indescriptible », a souligné Cheikh Fantamady Keïta, journaliste sénégalais au quotidien Le Soleil« Cette qualification, on en a tellement rêvé. C’est aussi notre confirmation : nous ne sommes pas champions d’Afrique par hasard », a lancé Fatou Sow, 31 ans, une directrice administrative, habillée aux couleurs du Sénégal.

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Dans la nouvelle tanière des Lions

« Je suis tellement heureux pour mon pays. La Coupe du monde, c’est plus important que la CAN, c’est la reine des compétitions », a assuré Abdou Ndiaye, un plombier de 30 ans, qui a perdu sa voix à force d’avoir hurlé et soufflé dans sa trompette.

« On est champions d’Afrique, on se devait d’aller au Qatar. On est les mieux placés : c’est notre deuxième qualification consécutive à la Coupe du monde et la troisième en comptant 2002, on commence à avoir de l’expérience », s’est réjoui Ousmane Diop, un commerçant de 31 ans qui a fait le déplacement depuis Saint-Louis, ville à l’extrême nord du pays. « Je dédie cette victoire au peuple sénégalais, on se devait de lui faire plaisir. Si on pouvait aller dans chaque maison pour remercier les supporteurs, on le fera », a insisté Aliou Cissé.

Ces supporteurs n’ont pas eu envie de manquer ce moment d’histoire nationale. En effet, Sénégal-Egypte a été la première affiche jouée dans cette nouvelle arène de Dakar – « le plus beau bijou de la sous-région », comme l’a qualifié Matar Ba, le ministre des sports – inaugurée en février en présence de plusieurs chefs d’Etat (notamment turc et rwandais).

Ainsi, mardi 29 mars, les fans du ballon rond, des plus jeunes aux plus anciens, se sont donné rendez-vous dans leur nouvelle demeure. Un anneau blanc, enrobé d’une sorte d’armure en moucharabieh, posé délicatement à moins d’une quarantaine de kilomètres de la capitale. Venus de tout le territoire, ils ont découvert pour la première fois la nouvelle tanière des Lions de la Teranga : un stade à l’anglaise, qui rivalise avec les plus belles arènes européennes, où 50 000 supporteurs peuvent presque caresser la pelouse

Il a suffi de voir leur regard pour comprendre à quel point ils attendaient de vibrer à l’intérieur d’un tel écrin. Ils font d’ailleurs tous la même expression quand ils lèvent la tête. « Il est magnifique. C’est notre nouvelle fierté. Il est présentable », a souligné Dior Kamby, 25 ans, qui est venue de Ziguinchor, en Casamance. « C’est la première fois depuis ma naissance que je vois un tel stade dans mon pays, a assuré Hassan Diaw, un entrepreneur, qui a pris la route depuis cette même ville du sud. Je suis là depuis 6 h 30. »

Tôt le matin, les ultras et autres supporteurs ont débarqué en voiture, en bus ou via le nouveau TER depuis la gare de Dakar. En fin de matinée, le prix des billets avait déjà été multiplié par cinq. En début d’après-midi, le stade du Sénégal (son autre nom) est presque plein. « On est déjà tous là, a lancé dans un grand sourire Ousmane Gueye, un jeune footballeur de 18 ans. C’est la journée de la victoire. »

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