Transition agroécologique, l’autre indépendance du Sénégal ?

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L’agroécologie est le choix d’un modèle de vie sociale et économique qui pourrait permettre au Sénégal d’être davantage autonome.

La vingtaine d’experts qui ont rédigé le rapport final remis au gouvernement le 1er février dernier, ont pris le temps de consulter plus d’un millier d’acteurs locaux, visitant à travers le pays une trentaine de sites différents. Ils ont aussi mis en lumière vingt-six initiatives agroécologiques en cours dans le pays, (association de culture d’arbres fruitiers et de maraîchage, lutte biologique contre les insectes ravageurs de cultures, gestion collective des forêts, etc.).

Un vibrant plaidoyer

L’étude a posé un diagnostic des enjeux majeurs en matière d’agriculture pour les six zones géographiques du pays. On y parle élevage, développement rural, sécurité alimentaire, sans oublier la protection des ressources naturelles et de la biodiversité, restauration des terres, résilience face aux changements climatiques et développement d’emplois attractifs dans ces projets.

IL s’agit donc d’un vibrant plaidoyer pour une nécessaire transition agroécologique, que le président Macky Sall lui-même semble appeler de ses vœux. Le pays avait d’ailleurs été choisi comme pilote pour le développement de l’agroécologie par la FAO en 2015. Et en 2017, une alliance pour l’agroécologie en Afrique de l’Ouest (3AO) a été lancée par de nombreux acteurs de la zone sahélienne.

Pour autant, au Sénégal comme en France, on continue d’espérer pouvoir inventer une « agriculture performante » qui passe « par une cohabitation entre exploitations familiales compétitives et des exploitations privées dynamiques ». C’est ainsi que s’exprimait Pape Abdoulaye Seck, l’ancien ministre de l’agriculture et de l’équipement rural du pays, remplacé l’année dernière par un mathématicien renommé.

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De fait, cette « cohabitation » espérée témoigne surtout d’un malentendu que révèle la libéralisation grandissante de fait des marchés et des pratiques agricoles dans ces pays, loin des belles promesses de l’agroécologie, plus attentive aux paysans et aux réseaux humains locaux (2).

Davantage d’engrais chimiques pour la transition ?

D’ailleurs, une révision récente de la loi nationale sur la biosécurité, sous couvert d’harmonisation continentale, indique l’intérêt grandissant des politiques sénégalais pour le développement des OGM, notamment pour développer massivement la production de riz et de coton, après avoir soutenu depuis des années des programmes massifs de productions irriguées (maïs, etc.).

Une « stratégie nationale de biosécurité » est aussi en cours d’évaluation qui doit permettre à l’agriculture sénégalaise de recourir à ces biotechnologies modernes d’ici à 2030. Hasard du calendrier ?

Alors que le Sénégal fête ces jours-ci le soixantième anniversaire de son indépendance nationale, l’IFDC, un important acteur privé en Afrique du monde des engrais et des pesticides a lancé récemment un appel aux 15 pays de l’Afrique de l’Ouest pour qu’ils libéralisent davantage encore la circulation des engrais chimiques (mais aussi des pesticides, des semences commerciales etc.) pour répondre à un « contexte sanitaire agricole et sanitaire précaire » pour la saison à venir.

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