Le Sénégal, nouveau paradis des colombophiles ?

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Si la Belgique reste la championne incontestée de la colombophilie, l’élevage de pigeons voyageurs, un nouveau concurrent pourrait bien venir lui voler dans les plumes : le Sénégal, où l’activité est devenue un passe-temps pour une partie de la jeune génération, notamment à Dakar, la capitale. Dans les communes et quartiers de Dieuppeul-Derklé, Castor et Niarry Tally, l’accès à Internet à permis aux jeunes de découvrir cet art ancien, qui n’était jusque-là connu que par les militaires, lors de la période coloniale. C’est notamment le cas d’Oumar Johnson, un trentenaire devenu président de la Fédération colombophile sénégalaise.

Oumar Johnson élevait déjà des pigeons, explique-t-il, avant de découvrir « il y a sept ou huit ans« , la colombophilie, c’est-à-dire l’art d’élever des espèces plus adaptées aux longs voyages. Un art devenu « mode de vie » pour ce scientifique. Pour cela, il n’a pas hésité à débourser 420.000 francs CFA, soit environ 640 euros, pour s’offrir Super King, un pigeon marocain qui, espère Oumar Johnson, pourra donner naissance à une lignée de champions.

Le Sénégal ne compte que quelque 350 colombophiles actuellement, loin des 20.000 adeptes de Belgique. Les prix ne sont pas non plus les mêmes : un pigeon peut s’échanger à partir de 10.000 francs CFA (15 euros), alors que le pigeon le plus cher de Belgique a été adjugé aux enchères à 1,6 million d’euros en novembre dernier.

Mais même peu nombreux, les passionnés s’entraînent fort, car « ce sont des athlètes« , explique à l’AFP un autre passionné, Moustapha Gueye. « Moi je suis passionné depuis l’âge de 10 ans, raconte-t-il. Je suis de Touba. Là à l’âge de 10 ans je me suis intéressé aux pigeons. » Il avoue faire des affaires avec les pigeons, et même avoir réussi à s’acheter une voiture ! « Mais le plus important pour moi c’est la passion, parce que j’ai un autre travail, je gagne ma vie, mais ici aussi je gagne quelque chose d’autre« , note toutefois le commerçant de 40 ans.

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Tous les jours, il nourrit et soigne ses protégés, avant de les lâcher pour une séance d’exercices. Il tente aussi des croisements entre des pigeons indigènes et d’origine étrangère. Le but : développer une lignée plus résistante à la chaleur du pays. « Élever des pigeons c’est un peu difficile, note Moustapha Gueye. Parce que tu te retrouves avec des maladies, tu dois savoir donc comment élever les pigeons, leur donner de la nourriture, pour qu’ils puissent avoir une bonne forme et une très bonne santé. Donc ça demande des connaissances. Ça demande aussi beaucoup de temps.« 

Il y a quelques semaines, plusieurs dizaines de colombophiles ont effectué un test. Les volatiles ont été convoyés jusqu’à Diourbel, à 155 km à l’est de la capitale, pour y être relâchés à l’aube. A leur retour, chacun note soigneusement l’heure d’arrivée, que les juges compareront au temps des autres participants.

Au Sénégal, les nouvelles générations représentent l’avenir de la colombophilie, estime Oumar Johnson, le président de la fédération. « En Europe, on doit motiver les jeunes pour qu’ils s’adonnent à la colombophilie. Ici, ils se ruent« , dit-il, en rêvant qu’un jour le Sénégal soit « l’une des grandes nations des pigeons de course« .

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