Au Sénégal, une compétition automobile féminine pour combattre les clichés

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Enfant, Célia Cissé regardait avec admiration sa mère piloter des voitures sur des circuits automobiles – La jeune femme a repris le flambeau de l’organisation du trophée Mousso, une course automobile dakaroise exclusivement réservée aux femmes.

«Certains sponsors ne croyaient pas à ce projet : pourtant, on a réussi», dit en souriant la jeune femme qui ne cache pas son émotion en embrassant du regard le circuit bardé de plots oranges que franchiront vingt-et-une pilotes féminines.

Responsable d’une agence de communication dakaroise, Mme Cissé a voulu ouvrir aux femmes une discipline traditionnellement masculine. «Le sport permet de réveiller le leadership des femmes. Je trouvais important de relancer cette initiative, et de le faire un 8 mars».

Entre 2002 et 2007, six éditions du trophée Mousso se sont déroulées dans la capitale sénégalaise : après une éclipse de treize ans, certaines remettent leur titre en jeu sur le bitume du stade Senghor, situé dans un quartier populaire de Dakar.

C’est le cas d’Awa Dionne, pilote et vice-présidente de la fédération auto-moto du Sénégal. «C’est une course féministe», explique la doyenne de la compétition. «Il faut faire évoluer les mentalités : à Dakar, si un automobiliste est doublé par une femme, il fera tout pour la devancer à nouveau, au péril de sa vie parfois», s’amuse-t-elle.

Et qu’importe si les rangs du public sont clairsemés, si, en guise de bolide, les participantes s’affrontent dans deux peugeot 206 dont les cabossures sont recouvertes d’autocollants, qu’importe la frilosité des sponsors : toutes expriment leur joie d’être là, malgré tout.

«Participer à une course d’une telle envergure représente beaucoup pour moi : se dire qu’on peut faire une activité réservée aux hommes. Cela veut dire qu’on a les mêmes capacités qu’eux, on a le pouvoir de le faire aussi», se réjouit Khadija Ndiaye Sarr avant de mettre son casque et de s’engouffrer dans l’habitacle.

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De l’autre côté des barrières se masse une foule de curieux. Au nombre d’entre eux, Babacar Ba, mécanicien de formation, se réjouit de pouvoir assister à cet événement.

«Le fait que cela soit une course de femme change un peu des habitudes. On a vu qu’à l’étranger les femmes peuvent comme les hommes être des pilotes automobile, pourquoi pas au Sénégal. Ce que les femmes d’autres pays peuvent faire, les Sénégalaises le peuvent aussi. Elles peuvent s’affirmer dans tous les domaines».

Agé d’une dizaine d’années, le petit Ibrahima, arborant fièrement un maILLOT de football troué, écarquille les yeux à la vue de ces pilotes peu conventionnelles. «Je n’ai pas l’habitude, c’est les hommes qui conduisent normalement», dit-il – sans perdre une miette de la compétition.

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