Kourtrajmé ouvre sa 1ère école gratuite de cinéma en Afrique

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Et si le scénario d’un film à succès s’écrivait en ce moment en Afrique…? Ce ne serait pas pour déplaire au réalisateur français multiprimé Ladj Ly qui vient d’ouvrir à Dakar avec le collectif français Kourtrajmé la première école de cinéma gratuite sur le continent.

L’histoire pourrait être celle d’un mauvais garçon qui, après avoir « fait la bêtise de trop, en trompant sa fiancée », s’adresse à un génie pour se tirer d’affaire, lequel génie lui donne cinq cauris, des coquillages lui permettant d’effacer ses fautes. A lui d’en faire bon usage…

Ce « pitch », c’est celui imaginé par Kiné Niang. La jeune femme de 30 ans est l’une des élèves qui ont commencé les cours cette semaine à l’école Kourtrajmé, spécialisation scénariste.

L’école est la troisième à ouvrir depuis celle de Montfermeil, dans la banlieue parisienne. Ladj Ly avait réalisé là, en 2018, le rêve de rendre ce qu’il leur devait aux quartiers déshérités où il avait grandi et fait ses débuts en filmant les violences urbaines de 2005.

Depuis, un autre établissement a été inauguré à Marseille (sud-est de la France), avec la même profession de foi d’offrir, sans frais et sans condition de diplôme ou d’âge, des formations aux métiers du cinéma et de l’audiovisuel.

En 2018, en même temps qu’il ouvrait Montfermeil, Ladj Ly montait la version longue du court-métrage « Les Misérables ». Pour l’école, il pensait déjà à l’Afrique, d’où sont originaires ses parents maliens et avec laquelle il a de fortes attaches.

Le succès des « Misérables », le prix du jury au festival de Cannes, la sélection aux Oscars et les millions d’entrées ne l’ont pas détourné des horizons ancestraux.

Notoriété et relativité

L’école de Dakar, dans un ancien et beau bâtiment professionnel reconverti en espace culturel à deux pas du coeur de la capitale, est la première en Afrique. Ladj Ly a une dizaine de projets « un peu partout » sur le continent, « au Mali, à Abidjan, au Burkina… »

Ladj Ly et Toumani Sangaré, cofondateur en 1995 du collectif cinématographique Kourtrajmé et codirecteur de l’école, ne cachent pas que leur première pédagogique africaine aurait pu avoir lieu au Mali, où ils ont leurs racines. La tourmente dans laquelle est pris le pays ne l’a pas permis.

Même au Sénégal plus paisible, Ladj Ly et ses partenaires auraient apprécié quelques « cauris » pour se faciliter la tâche.

La période a été « compliquée avec le Covid », rappelle Ladj Ly. Réunir les fonds n’a pas été simple et des lourdeurs bureaucratiques ont freiné l’entreprise.

La notoriété, « ça ouvre pas mal de portes », dit-il, « mais ça reste le parcours du combattant de se dire qu’on veut créer des écoles gratuites, ouvertes à tous ».

L’artiste a été rattrapé en février 2021 par une enquête en France pour abus de confiance et blanchiment, visant l’association qui chapeaute l’école. Lui et son frère ont été entendus par les policiers.

Les investigations sont terminées et le Parquet dit examiner les éventuelles suites y donner.

Essence du métier

« L’enquête, elle est finie », dit Ladj Ly. Il parle de tentative de « sabotage » et de « bêtises » écrites par une ancienne employée: « Notre école, elle dérange beaucoup de gens, ils ont tout fait pour la détruire ».

« L’important, c’est que l’école existe et on continue à en ouvrir un peu partout ». Montfermeil, Marseille, maintenant Dakar, bientôt Madrid…

« Le Sénégal est devenu incontournable au niveau de la production audiovisuelle, en particulier des séries », dit le codirecteur Sangaré. Il s’y tourne beaucoup de productions internationales, les techniciens sont « de qualité » et les espaces « incroyables », tout cela « à cinq heures de Paris » par avion, détaille-t-il.

Ils devraient être 14, sept jeunes femmes et autant d’hommes, tous Sénégalais (non par parti pris mais par commodité provisoire), à se former au métier pendant cinq mois. Après les élèves scénaristes, choisis parmi des centaines de candidats, l’école accueillera en juin 18 apprentis réalisateurs.

Un an après avoir été sélectionnée, Kiné Niang, l’apprentie scénariste, s’apprêtait à commencer un stage de management quand elle a été rappelée. Diplômée en statistiques mais « passionnée d’écriture », elle a vu que « c’était une chance et que je ne devais pas passer à côté ».

Elle et les autres ont commencé à travailler mardi.

« On a démarré le cours par la question: pourquoi écrivez-vous? », raconte leur formatrice, la scénariste Dialika Sané qui a travaillé sur plusieurs séries télévisées. Les réponses ont été « très inspirantes, parfois saugrenues, parfois poétiques ». Mais tous « ont compris le métier de scénariste, l’essence même du métier, qui est de projeter à l’écran ce qu’on ne peut pas forcément dire par d’autres voies ».

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